Les Sénégalaises s’engagent

Au dernier Marathon de Dakar, à la mi-avril, seuls 15,6 % des participants étaient des femmes, un chiffre révélateur d’un tabou social fort.

Sur la course, divisée en trois formats : 10 km, semi-marathon et marathon, il y a seulement 15,6 % de sénégalaises inscrites, sur un total de 19 % toutes nationalités confondues. En comparaison, les femmes représentaient 24,5 % des inscrits du dernier marathon de Paris le même week-end, et 40 % sur le 10km de Paris.

Elles ne participent pas par manque d’envie, mais par manque de temps et, surtout parce que la société en décide autrement. La vice-championne du monde d’athlétisme Marie-Josée Ta Lou, d’origine ivoirienne, partage ce point de vue.

Pour aller contre ce tabou, Aïcha Jasmina Fall, a fondé une association de sport pour les femmes : « Linguère ». ». Le terme signifie « femme, reine qui met au monde les héritiers ». Car il est un autre tabou à surmonter : il réside dans les changements physiques. Une femme qui fait du sport court le risque de ne plus correspondre au standard de la belle femme africaine, avec des rondeurs Comme nombreuses sont celles qui ont peur d’être jugées, surtout pour les plus âgées, elle loue des locaux semi-fermés pour les mettre en confiance, à l’abri des regards.

La santé est aussi à l’origine de la création de l’association, car au Sénégal la nourriture est particulièrement riche… Soham El Wardini, Maire de Dakar, témoigne de l’urgence de faire changer les mentalités concernant le sport. La Maire remarque de plus en plus de femmes d’un certain âge sur la corniche, en tenue traditionnelle, en train de marcher. Dans les clubs de randonnée pédestre de la ville, elles sont plus nombreuses que les hommes. Les sportifs du dimanche, ce sont les femmes. Dans certaines familles, les hommes incitent leurs épouses à faire du sport, pour leur santé et leur esthétique. Le signe que les mentalités bougent.

 

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