Entretien avec Monsieur Maxime Pedneaud-Jobin, Maire de Gatineau

Sport et ville :

Il y aura bientôt 18 ans, Gatineau accueillait les IVème Jeux de la Francophonie. Un moment d’exception unissant le sport et la culture pour se mettre au service du vivre ensemble. A la veille de la désignation de la prochaine ville d’accueil des Jeux de la Francophonie, en quoi cette opération a été exemplaire pour le Canada ?

Maxime Pedneaud-Jobin :

En 18 ans, Gatineau a réussi à s’imposer comme une ville de sport de très haut niveau qui s’intègre parfaitement dans un cadre exceptionnel, riche en espaces verts et en lieux récréatifs de toutes sortes, afin de permettre à toute la population de participer à des activités de sport et de plein air.

Le point de départ a bien été les IVème Jeux de la Francophonie avec ses retombées économiques extrêmement importantes puisqu’à l’époque, on a parlé d’un résultat positif de plus de 2 millions de dollars canadiens avec des emplois pour des centaines d’experts. Mais pour moi, les principales retombées l’ont été pour la Francophonie canadienne dans son ensemble. Elles ont permis aux délégations du monde entier et aux représentants des communautés francophones du Canada de se retrouver, de se reconnaître et d’échanger avec le reste du monde. A cette occasion, des artistes ont pu se faire connaître et certains d’entre eux, comme Fred PELLERIN, connaissent, à présent, une renommée internationale.


Sport et ville :

Plus récemment, la Fédération de la Jeunesse Canadienne-Française a organisé en juillet 2014, les VIème Jeux de la Francophonie canadienne, une belle rencontre sportive et culturelle. Cette manifestation a eu, elle aussi, un double succès, économique et médiatique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Maxime Pedneaud-Jobin :

Ce qui est essentiel à retenir, c’est que cette manifestation a contribué, elle aussi, à faire de Gatineau l’un des chefs de fil de la Francophonie canadienne. La langue française, ici, est un outil d’intégration des différentes communautés francophones du Canada qui n’ont pas la même culture. Ces Jeux et cette langue commune se sont vraiment imposés comme un outil de mieux vivre-ensemble en harmonie. Cette politique volontariste de la ville, conjuguée au milieu naturel qui nous entoure, nous permet de tenir des événements d’envergure internationale. Comme le Gatineau Loppet, une compétition de ski de fond qui rassemble chaque année près de 2.500 personnes de tous âges sur les sentiers du parc de la Gatineau et dont la ville est le partenaire officiel.

Notre impressionnant réseau cyclable, qui s’étend sur plus de 300 kilomètres et dans lequel nous investissons de façon continue, est largement utilisé par la population, tant comme lieu d’activité sportive familiale que comme lien entre les lieux de vie.
Bien sûr, pour enrichir ce patrimoine naturel, nous investissons également dans des infrastructures municipales de haut niveau et dans de nombreux arénas pour notre sport favori, le hockey.

Sport et ville :

Quelles indications pourriez-vous, au nom de cette expérience, donner aux villes candidates à accueillir une manifestation sportive d’ampleur nationale ou internationale ?

Maxime Pedneaud-Jobin :

A ce sujet, je vais être très clair. Ces succès sont liés à notre gouvernance de la ville. Aucune opération d’envergure de ce type n’est imposée à la population. Nous nous sommes toujours attachés à créer un comité de consultation constitué par les organisations locales sportives et culturelles et par des représentants de la société civile en général. A la suite de ces travaux préparatoires et des remarques du comité, la ville s’est engagée avec en appui un comité de coordination dont la vocation est de suivre la mise en œuvre de ces vastes chantiers que sont l’organisation de manifestations sportives. Cette démarche, qui a mes yeux est prioritaire, permet d’une part l’adhésion de la communauté d’autre part de parler à l’ensemble des partenaires avec l’autorité nécessaire pour ce type de manifestation. J’ajoute que cette forte adhésion suscite un réel effort de qualité, notamment en matière d’accueil des délégations étrangères et des représentants des communautés canadiennes. Le grand succès de 2014, comme celui des IVème Jeux de la Francophonie tient à cette réponse collective, à ce rassemblement de toute la communauté qui a permis de dégager une véritable intelligence collective.

Mais ce n’est pas tout. Cette solidarité locale réclame aussi le soutien financier des autres paliers de gouvernement, car ce type de manifestation est extrêmement budgétivore. Mais c’est la conjugaison entre ce mode de gouvernement participatif et l’appui financier des différents niveaux gouvernementaux qui a permis le succès économique de ces manifestations et leur rayonnement international. Je suis sûr que s’il n’y avait pas cette conjonction entre ces deux forces, sociale et financière, le succès n’aurait pas été au rendez-vous.

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