Sénégal, extension du domaine de la lutte

Les arts martiaux mixtes (MMA), anciennement combat libre ou free-fight, sont un sport de combat complet, associant pugilat et lutte au corps à corps. Les deux combattants peuvent utiliser de nombreuses techniques ; selon les fédérations, sont autorisées les techniques de percussion telles que coups de pied, de poing, de genou et de coude, mais aussi les techniques de corps à corps debout (clinch), de projections et de soumission (grappling) et quelquefois des techniques particulières de percussion au sol.

Ce sport est considéré comme récent, et plus efficace qu’artistique. Les arts martiaux mixtes existent en réalité depuis fort longtemps (à travers la lutte et le pugilat). On en retrouve des traces dans les applications de combat de nombreux arts martiaux anciens. Prisés au départ aux Etats-Unis et désormais dans de nombreux pays, les MMA misent sur des champions venus de la lutte traditionnelle africaine pour lancer lucrative industrie au Sénégal et dans le reste du continent. Attirés notamment par des gains substantiels, un certain nombre de ces lutteurs se sont déjà laissé tenter.

La société Ares Fighting Championship, fondée en 2019 par Vivendi Sports (groupe Vivendi) et qui se veut « la première ligue afro-européenne » de la discipline, a organisé le 14 décembre 2019, une douzaine de combats sur le parvis du Musée des civilisations noires à Dakar. But de cette entreprise promotionnelle, retransmise en streaming : être « le premier événement majeur de MMA » sur le continent. A l’affiche, notamment, lors de la manifestation dakaroise : le colosse Reug-Reug, alias Oumar Kane, ou le rugbyman Moussa Togola… Les deux hommes se sont fait connaître avec la lutte traditionnelle sénégalaise, sport national avec le football, qui plonge ses racines dans les exercices… de préparation à la guerre.

Même si le Sénégal a la capacité de produire de vrais champions, l’intérêt suscité par les arts martiaux mixtes entraîne toutefois des inquiétudes pour l’avenir de la lutte traditionnelle. Les lutteurs sénégalais peuvent bien gagner leur vie. Mais leurs revenus souffrent de la comparaison avec les millions de dollars que peut toucher un champion de MMA.

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