Brian Wesaala et la Football Foundation for Africa

Après avoir poursuivi ses études en informatique à l’Université de Nairobi, Brian Wesaala a trouvé un travail au quartier général africain du Bureau mondial du scoutisme à Nairobi qui a très vite débouché sur un contrat de deux ans au siège suisse de l’ONG. Puis une fois à Genève, il s’est dirigé vers l’US Carouge, actif en 4e ligue et vers un emploi à l’ONU, la meilleure option lorsqu’on a un passeport africain à Genève. C’est paradoxalement à ce moment-là qu’il a remis en question sa carrière dans l’informatique en voulant se rapprocher de sa passion, le football. Comme à Genève venait de se créer une école, la Football Business Academy, il a décidé d’y suivre un master. De ces études est née l’idée qu’ il serait extrêmement bénéfique de mettre en place au Kenya, et plus généralement en Afrique, le type d’infrastructures qu’on trouve partout en Suisse, particulièrement au niveau amateur. En 2016, il organise un premier tournoi à Nairobi, l’«Obama Cup» qui a mis en valeur l’énorme potentiel qu’il y avait pour renforcer le football au plus près de la population. Selon Brian Wesaala on a beaucoup investi dans le football sur le continent, pourtant très peu de personnes peuvent gagner leur vie dans ce milieu. Et c’est ce qu’il veut changer en investissant dans l’éducation, pour expliquer comment cette industrie fonctionne. Il ne faut pas juste former une poignée de joueurs pour le marché européen, on doit aussi s’intéresser à la majorité de ceux qui restent en Afrique en créant un meilleur environnement. Pas besoin d’infrastructures de luxe, mais simplement de bonnes structures fonctionnelles. Ce genre d’écosystème peut être mis en place en Afrique en proposant aux investisseurs d’investir, en complément du système très vertical de la FIFA. Il a donc lancé en 2018 une structure pour incarner ces idées: la Football Foundation for Africa.

Lausanne : Promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes par le sport

Capitale olympique, la ville de Lausanne réaffirme son ambition de faciliter un accès égalitaire des hommes et femmes au sport.

Pour appuyer son engagement et identifier les pistes d’action, la ville a réalisé une analyse sur la présence des femmes dans les disciplines sportives. Sur la base de ce rapport, un catalogue de 19 actions et 61 mesures a été établi pour soutenir la pratique sportive des femmes. L’objectif est d’atteindre plus d’égalité dans le sport à l’horizon 2026.

Des indicateurs de suivi budgétaire lié au genre ont été définis et un Fonds pour promouvoir le sport pour toutes et tous et l’égalité femmes-hommes a été créé début 2021. Doté de 300’000 francs suisses, la moitié de ce montant est destinée au développement de la pratique sportive des femmes et à la promotion de l’égalité dans le sport. Par ailleurs, des vestiaires pour accueillir des équipes féminines sont à l’étude et une campagne de sensibilisation visant à déconstruire les stéréotypes de genre dans le sport et valoriser la pratique sportive des femmes sera lancée dès le 7 juin prochain.

Les Dégommeuses

Aujourd’hui en France, les femmes restent largement tenues à l’écart de certaines pratiques sportives considérées comme naturellement « masculines ». En effet, d’une part, différents clichés et fantasmes ont encore cours sur les équipes de sport collectif comme possible lieux de « conversion » à l’homosexualité féminine. D’autre part, pour promouvoir le foot féminin, les clubs et fédérations ont tendance à mettre en avant dans leur communication uniquement des sportives adoptant un look et des attitudes conformes aux normes de genre (féminines, sexy, en couple hétéro, mères de famille…) et à dévaloriser toutes les autres.

Les enjeux financiers exacerbent ces phénomènes d’invisibilisation dans le sport de haut niveau. Cependant, le monde du foot amateur, qui est moins surveillé, ne constitue pas forcément un environnement plus amical pour les personnes qui s’écartent des normes de genre : sous-entendus, blagues lourdes, vexations, insultes ou discrimination au moment des sélections ne sont pas rares. Et cela est d’autant plus problématique que ces comportements sont souvent le fait de dirigeants et d’éducateurs sportifs censés donner l’exemple aux plus jeunes.

Dans ce contexte, il est crucial de créer des espaces de pratique plus accueillants et inclusifs et de mettre en place des actions afin de faire évoluer les représentations liées à la place des femmes et des minorités sexuelles et de genre dans le milieu du football.

En 2017, les Dégommeuses ont analysé la place du foot féminin dans 10 titres de presse (3 nationaux – l’Equipe, France Football, So Foot – et 7 quotidiens régionaux – Le Parisien, Le Progrès, La Provence, Midi-Libre, Sud-Ouest, Ouest-France, La Voix du Nord), soit 188 publications sur 3 semaines. Les résultats montrent que la part occupée par le foot féminin dans les pages sport reste excessivement faible (à peine 2% de l’ensemble des pages consacrées au foot sur la période, à savoir 28 sur 1327) mais le traitement qualitatif se caractérise par son sexisme : des articles supposément consacrés au foot féminin qui nomment, citent et montrent principalement des hommes; d’autres qui se servent du foot féminin pour mieux parler du foot masculin; enfin, pour beaucoup d’entre eux une difficulté patente à évoquer les joueuses en tant que sportives (et non uniquement sous l’angle de leur féminité)

Kigali, une nouvelle date pour le marathon international de la paix

L’édition 2021 du marathon international annuel de la paix de Kigali est finalement prévue pour le 20 juin, selon la Fédération rwandaise d’athlétisme (RFA) .

« En collaboration avec le ministère des Sports, nous avons confirmé le 20 juin comme date du marathon international de la paix de Kigali. Il ne reste plus qu’à voir comment nos athlètes commencent à se préparer pour que nous puissions obtenir de bons résultats », a annoncé le président de la RFA.

Le marathon de la paix de Kigali a été lancé en 2004 en tant que course amateur visant à utiliser le sport dans le processus de la réconciliation.

Depuis, l’événement est devenu l’un des événements annuels d’athlétisme les plus réputés de la région, du continent et, pour le Rwanda, il est l’un des événements sportifs les plus populaires qui se tient chaque année avec le célèbre Tour cycliste.

Lors de l’édition précédente de 2019, la star rwandaise  de l’athlétisme Marthe Yankurije avait décroché la médaille d’argent au semi-marathon féminin, tandis que les autres podiums avaient été dominés par le Kenya et l’Ouganda

Bonne fête du 8 mars à toutes les sportives.

« Sport et ville » à une pensée pour toutes les sportives d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, d’Océanie et d’Europe.

Cette année nous aurons une pensée particulière pour les sportives du Grand Maghreb.

Il y a deux ans, le 9 mars 2019, à Alger, lors d’un colloque sur « Femme et sport », le président du Comité olympique et sportif algérien (COA) reconnaissait que la place de la femme au sein des instances sportives s’affirmait. Elles ont obtenu des autorités quelles interviennent pour que les fédérations à compter davantage de femmes dans les AG. Le sport est une plateforme essentielle pour parvenir à l’égalité des sexes. Mais pour les femmes, faire du sport peut se révéler compliqué. Surtout si elles aspirent à mener une carrière professionnelle.

 

Les femmes continuent, ici peut être plus qu’ailleurs, à essuier régulièrement des insultes, voire des menaces. Cela montre qu’il y a encore des personnes qui nacceptent pas que des femmes fassent du sport, s’émancipent et aspirent à vivre normalement. Mais en cette journée du 8 mars, souvenons-nous de Naïma Laouadi qui, a 19 ans, est à lorigine de la création dune équipe féminine de la JS Kabylie, le club de Tizi Ouzou, sa ville natale. « La Maradona algérienne » favorise aussi la création dautres équipes féminines de football, puis de la sélection nationale en 1998.

 

Beaucoup d’hommes l’ont soutenue.

Le constat est partagé par Nezha Bidouane, deux fois championne du monde du 400 m haies, encouragée par sa famille, surtout sa mère. Elle vient dun quartier populaire de Rabat. Aujourd’hui pour les Marocaines, faire du sport est devenu quelque chose de normal. La Fédération royale marocaine du sport pour tous  organise régulièrement des courses rassemblant des milliers de femmes.

Des femmes font leur jogging dans les rues et les parcs de la capitale.

La question des infrastructures est bien plus problématique, parfois éloignées des centres, mal desservies, dépourvues de sanitaires.

Enfin il y a la nécessaire prise de conscience par l’Etat et les collectivités locales de l’importance du sport, véritable locomotive dintégration. Il faut donc que des moyens supplémentaires soient consacrés à la pratique du sport par les femmes.

Et d’abord améliorer le statut des joueuses. Les parents n’accepteront pas de confier leurs filles à des clubs mal structurés, où la formation est défaillante. Le football masculin, de loin la discipline la plus populaire, accapare la grande majorité des faibles moyens alloués au sport en Afrique du Nord. De nombreuses fédérations tentent de survivre avec des budgets limités.

Au niveau international, certaines sportives nord-africaines parviennent à obtenir des résultats à titre individuel. La célèbre tenniswoman, OMS Jabeur, 25 ans, quarante-quatrième au classement WTA en est un bel exemple. Issue dune famille aisée, la jeune joueuse a toujours été soutenue par ses proches avant d’être devenir le porte drapeau de la Tunisie.

Kigali, le Volleyball et Mukashemana, la «dame de fer» !

Elle est une exception au Rwanda. Dans un cercle très fermé, Joy Happiness Mukeshimana s’est imposée à force de caractère et de persévérance. Jusqu’à devenir, depuis 10 ans, l’unique femme arbitre dans l’élite du volleyball de son pays.

Dans un domaine dominé par les hommes comme le sport, il est difficile donc de se frayer un chemin. Mais Joy Happiness Mukeshimana a brisé les codes. Une dame de fer.

Elle est unique dans le championnat élite de volleyball. Mukeshimana a su tracer son chemin pour imposer le respect dans un monde macho. «Il était difficile pour certains de comprendre le fait que je sois une femme arbitre principale d’un match de championnat. Mais, comme je savais ce que je voulais et ce qui était bon pour moi, avec le temps, j’ai prouvé que ce n’était pas seulement un travail d’homme»

Mais il a fallu beaucoup de courage et d’abnégation à Joy pour se hisser au sommet et se faire accepter. Elle a dû surmonter des défis qui auraient pu mettre fin à sa carrière.

.Aujourd’hui, à 30 ans, avec tact, rigueur et autorité, elle est parvenue à se faire accepter.

Elle n’a jamais été une pratiquante au plus haut niveau. Elle a joué dans différentes disciplines à l’école secondaire, sans jamais percer. Mais, ne voulant pas s’éloigner de ce monde, elle trouve très tôt une belle reconversion. «Comme j’aimais le sport, j’en ai profité pour essayer quelque chose de nouveau, l’arbitrage, que j’ai adoré», dit-elle.

Titulaire d’une Licence en Sciences biomédicales, son amour pour le volley est né quand elle était au lycée, à Gatagara High School. Une école pour handicapés. Elle ne pouvait trouver aucun autre jeu que le volleyball assis, qui y était le sport le plus populaire. Mais, en tant que valide, elle ne pouvait pas participer aux compétitions. Elle décide, alors, de se concentrer sur l’arbitrage.

Aujourd’hui qu’elle a bâti sa notoriété, Mukeshimana veut désormais inspirer la prochaine génération d’arbitres féminins. Qui ose, gagne…

Ouagadougou : un tournoi de football pour la paix et la cohésion sociale

« Jeunesse unie et engagée pour un Burkina Faso de paix et de cohésion sociale » était le thème de la première édition du tournoi de football de quartier à Ouagadougou. Une compétition qui vise à inciter les jeunes à participer au développement des quartiers de leurs villes.

Au total, 87 équipes venues de Tampouy et environs ont pris part à cette première édition.

Le choix du thème est destiné à répondre à l’actualité, selon le promoteur et délégué des jeunes, Abdoul Aziz Sangla. L’objectif est d’inviter les jeunes à promouvoir la cohésion sociale et à valoriser les vertus de solidarité et de fraternité.

«Nous avons organisé cette activité pour redynamiser la volonté manifeste des jeunes à s’engager en faveur de la promotion de la paix et du développement durable ». 

Des médailles d’or et des médailles de bronze ont été distribuées, un journal, une équipe ont été honorées mais, finalement, ce n’est pas que l’équipe de “Galaxy FC de Ouidi” qui a remporté le tournoi, ce sont tous les jeunes du Burkina Faso.

Paris et Kabubu

Kabubu, c’est « l’amitié par le sport » en swahili, et une forme de lutte traditionnelle congolaise. C’est également le nom choisi par une association bien décidée à se battre pour l’inclusion des demandeurs d’asiles ou des réfugié.e.s à travers les valeurs fédératrices du sport. Ils viennent du Soudan, de l’Ethiopie, d’Érythrée, d’Afghanistan, du Bangladesh, de Somalie…. Ils rêvent d’être nageurs, footballeurs, athlètes ou encore formés aux métiers du sport.

Les défis de l’association, née d’une rencontre entre trois jeunes lors d’un challenge organisé par Paris 2024 et Makesense, consistent à organiser des collectes d’équipements de sport, à créer des évènements sportifs rassemblant locaux et réfugiés pour favoriser des moments de rencontre et de partage, à susciter des partenariats avec des clubs, des fédérations et des marques de sport pour faciliter l’intégration des personnes réfugiés, à proposer des carrières liées au sport.

L’objectif ultime est de faire de Kabubu une entreprise sociale qui aide cette jeunesse à trouver un emploi et à réaliser ses rêves de grands sportifs.

La diplomatie francophone au service du sport

Les enjeux de la « diplomatie du sport » ayant été posés dans cette revue, il ne me revient donc pas de définir à nouveau les vertus du soft power du sport mais plutôt de témoigner de tout son sens au quotidien.

Le sport est un sujet populaire et un outil agile pour développer une politique publique nationale ; j’en prendrais pour exemple une récente mission
commandée à Sport et Francophonie par le nouveau Gouverneur de la Province de Kinshasa. La République Démocratique du Congo (RDC) compte l’une des plus jeunes populations francophones au monde. C’est tout naturellement qu’elle a privilégié le réseau des grandes villes francophones (l’AIMF) auquel elle appartient pour solliciter un accompagnement en matière de politique publique. Parce que la France et la RDC partagent la même langue, les discussions sans interprète furent plus rapides, les nuances mieux cernées et l’étude promptement livrée. En aurait-il été autrement si la langue de chacun n’avait pas été la même ? Permettez- nous d’en douter.

Prenons un autre exemple. Les Jeux de la Francophonie réunissent depuis plusieurs décennies la jeunesse francophone autour d’épreuves sportives et culturelles. Alors que le calendrier sportif est de plus en plus dense, pourquoi l’Organisation Internationale de la Francophonie s’évertue-t-elle à y préserver sa place ? Il serait crédule de penser que sa motivation première est d’offrir aux jeunes francophones l’occasion de se rencontrer. Reconnaissons surtout que ces Jeux ont su, au fil de leurs éditions, réunir tout le gratin diplomatique de l’Afrique francophone. L’événement devient alors un parfait prétexte au service de la diplomatie car ces moments partagés entre personnalités sont autant d’occasions d’aborder, de traiter et même de résoudre des sujets souvent bien éloignés du sport.

Ce fut le cas pour la France et le Rwanda, deux pays aux relations distendues par la lenteur des procès liés au génocide de 1994. En 2018, quelques mois avant la visite tant attendue du chef de l’État français Emmanuel Macron, la ministre des sports Laura Flessel s’est déplacée à Kigali pour assister au Tour du Rwanda. A cette occasion, les deux ministères des sports engagèrent une coopération autour du cyclisme et du triathlon, formant alors le vœu de retrouver plaisir et intérêt à construire de nouvelles relations entre les deux États. Une jolie manière d’introduire une nouvelle relation diplomatique que, probablement, dans ce contexte si fragile, seul le sport pouvait assurer.

Mais tout n’est pas si simple. La réconciliation des deux Corée quelques jours avant les Jeux Olympiques d’Hiver de Pyeongchang nous a tous profondément réjouis et peut-être naïvement apaisés. Deux ans après, les deux pays se divisent toujours plus violemment sur des terrains que même le sport n’a plus la capacité d’occuper.

Certes, le sport est utilisé à des fins diplomatiques. Bien sûr, par les valeurs qu’il incarne, par l’émotion qu’il génère, il rassemble. Mais le sport s’exprime aussi au travers de la compétition, avec des vainqueurs et des perdants… tout comme la diplomatie.

Article publié dans la revue Sport et Citoyenneté – numéro 49 – septembre 2020

Ville Sport et intégration

Les villes disposent du sport comme outil d’éducation et d’émancipation, porteur de fraternité. Mais aujourd’hui, on constate qu’il est marqué par des dérives racistes, discriminatoires. Ces dérives sont d’autant plus graves que le sport a un pouvoir d’inspirer le public, la jeunesse surtout. De plus, les réseaux sociaux donnent aujourd’hui l’opportunité d’influencer les fans, et au-delà la société tout entière.

Le sport a donc un rôle crucial à jouer pour améliorer la vie des citoyens. Il crée des passerelles au travers des communautés fournissant ainsi un terrain fertile pour semer dans l’esprit de tous, le pire mais aussi les germes du développement, de la paix. Aussi, la ville, ses clubs, les joueurs ou les supporters eux-mêmes, doivent s’unir pour lutter contre les actes racistes en rappelant sans cesse que le sport reste une démarche collective.

Les sportifs, premiers concernés par les violences, s’engagent dans la lutte contre les discriminations. C’est donc, tout d’abord, au niveau local qu’il faut utiliser davantage le potentiel du sport (solidarité, tolérance, fair-play…) pour prévenir le racisme et la xénophobie. Les bonnes pratiques dans le sport sont de bonnes pratiques pour la paix civile.

Le monde du sport doit donc toujours s’engager dans la lutte contre les discriminations car il est un pilier de l’éducation et de la formation des jeunes. Enseigner le respect de l’autre, quelle que soit sa couleur de peau, doit être porté avec la même attention et la même passion que l’apprentissage du geste technique.

LA PHOTO SYMBOLIQUE DES JOUEURS DE LIVERPOOL CONTRE LE RACISME