Au Congo et au Burundi, le nzango, le jeu des petits qui plait aux grands

Mêlant gymnastique, danse, chanson et une bonne dose de chance, le nzango est populaire sur les deux rives du fleuve Congo et au Burundi. Il signifie littéralement « jeu de pied » en lingala. Le jeu est en quelque sorte une version pour les pieds de pierre-feuille-ciseaux, qui aurait été inventée par des filles alors que les garçons jouaient aux billes et au cerceau. Aujourd’hui, c’est un sport codifié, mais au départ, le nzango était pratiqué essentiellement dans les quartiers et à l’école.

Une partie de nzango oppose deux équipes dont les joueuses s’affrontent individuellement à tour de rôle sous le contrôle d’arbitres sur un terrain de 16 mètres sur 8. Les joueuses marquent des points, aussi appelés « pieds », en fonction de la position de leurs pieds par rapport à ceux de leur adversaire. L’équipe gagnante est celle qui marque le plus de points à l’issue des 50 minutes que dure la partie, divisée en deux mi-temps de 25. Les équipes (onze joueuses et six réservistes) se font face de part et d’autre d’une ligne centrale et attaquent ou défendent alternativement au rythme de chansons chantées en cœur par toutes les participantes et rythmées par des battements de mains. Au début de la partie, chaque camp choisit un pied d’attaque, le droit ou le gauche, étant entendu que ce ne peut être le même pour les deux équipes. À un moment donné, les deux joueuses qui s’affrontent avancent en même temps un pied vers la ligne. La joueuse qui attaque avec le pied droit marque par exemple un ou plusieurs points chaque fois que son adversaire en face répond avec le pied gauche. En revanche, si la joueuse avance le pied droit et que l’adversaire répond elle aussi du droit, elle perd. Ces mouvements de pieds sont habituellement précédés de sautillements, sauts ou figures aériennes, pour la seule « beauté du jeu ».

 Au Congo-Kinshasa, le jeu est aussi utilisé pour régler des conflits intercommunautaires en amenant des populations divisées à se retrouver autour d’une joyeuse partie. Avec le temps, le nzango s’est également « exporté » au Gabon et au Cameroun. Il a même sa place aux Jeux africains.

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